lundi 19 octobre 2009

les raisons pour lesquelles je démissionnerai un jour

  1. Si on continue de me traiter de crisse de folle, d'écoeurante et d'erreur de la nature parce que je fais bien mon métier.
  2. Si on ajoute un seul comité de plus à mes déjà nombreux comités social, environnement, activité des bons de mérite, départ à la retraite de notre directrice, à mes soirées données au CE de l'école et à mes fonctions de déléguées syndicales.
  3. Si je me fais poursuivre pour ne pas avoir donné assez de récupération à un enfant (ou que j'ai perdu ces foutues preuves de récup datant de 2004).
  4. Mon salaire qui plafonnera à 63 000$ comme si ce qu'on faisait ne relevait pas de l'impossible (être plus divertissante qu'une wii, faire des projets en tout genre, dormir à l'école -et pas que symboliquement-, corriger plus vite que l'éclair pour remettre les notes vite vite vite, non, pas les notes, les évaluations du développement des connaissances, ne plus dire à un enfant «tu peux faire mieux» parce que ce n'est pas encourageant, éduquer certains enfants à la place de leurs parents, survivre à la médiocrité de certains collègues qui n'innovent jamais, ne pas périr sous les piles de formulaires de toutes sortes à remplir- formulaires que personne ne lira de toute façon- et je dois en oublier des tas.
  5. Si, un jour, le ratio élèves EHDAA/élèves sans difficulté s'inverse vraiment.
  6. Si la grammaire nouvelle se renouvelle trop souvent.
  7. Si on continue à niveler vers le bas, tout le temps, au niveau de nos exigences et de ce qui est acceptable de la part des enfants et des parents (genre de ceux qui nous traitent de crisse de folle, d'écoeurante et d'erreur de la nature).
  8. Si on me demande combien de fois par jour je vais faire pipi en présence élèves au cas où je ne ferais pas mes minutes de cours et leçons.
  9. (ajoutons les vôtres)

dimanche 4 octobre 2009

rectifions...

Je ne suis pas suicidaire. Je suis juste chialeuse et de plus en plus loin de la dépression. Une fois mes bibittes noires sorties au grand jour, je vais bien. Je serais incapable de me suicider sans avertir au moins 15 personnes. Je suis potineuse de même. Les choses les plus graves me font rire, sans parler des malaises... Quand tout va si mal, je vais en rire pour ne pas en pleurer. Je ne pleure presque plus. Enfin.

Alors, rassurés?

dimanche 27 septembre 2009

Vieille, frustrée et aigrie: autoportrait peu flatteur

C'est la merde! Mon estime de soi est en cavale, je m'emmerde au boulot comme jamais auparavent et je vieillis à vue d'oeil. Vous vous dîtes sûrement que j'exagère, comme d'hab'. Ce bilan vous convaincra peut-être que ma vie ne vaut plus grand chose.

Frustrée à cause du boulot:
  • Nouvelle direction toujours absente. C'est un peu le laisser-aller partout.
  • Groupe de 27 élèves qui étaient dans la même classe en 5e et qui se foutent un peu trop du prof. Des têtes enflées et des difficultés d'apprentissages qui ne font manifestement pas bon ménage.
  • 3 élèves suivis par des travailleuse sociales à qui je dois rendre des comptes.
  • Viens d'apprendre par un courriel reçu vendredi pm que j'aurai une nouvelle élève demain. Deux questions me viennent: pourquoi on ne m'en a pas PARLÉ vendredi à l'école?!? et Où vais-je bien pouvoir la mettre?!? Ma classe déborde déjà à 27 bureaux.
  • J'ai reçu une lettre de plainte de parents (rectifions: la lettre a été envoyée à mon directeur) parce que j'ai fait travailler les enfants 3 jours en silence. Suis cruelle de même quand mon équilibre est menacé et que l'humour et la gentillesse ne suffisent plus pour ramener les élèves au calme. Les techniques d'impact, ce n'est pas pour tous les parents, surtout ceux qui travaillent dans le milieu de l'éducation on dirait...
  • Une collègue-tache m'a invitée à souper et à dîner et j'ai fait la sourde oreille, espérant qu'elle ne remette pas l'invitation... Qui a envie de souper avec une enseignante qui vous court après pour vous montrer ses photos de mariage depuis deux ans? Qui vous appelle Madame Marie-Andrée et qui vous vouvoie même quand vous êtes seules toutes les deux? Qui parle de son mari comme si on le connaissait personnellement? Et le pire, qui souperait avec une enseignante qui n'a jamais rien à dire et qui vous parle en long et en large de ses interventions nulles auprès d'élèves difficiles? Ben pas moi. Je me cache donc en espérant à ne pas avoir à dire: «Désolée la grande, mais on ne sera jamais amies. Veux-tu vraiment savoir pourquoi?»*
*Seigneur que ça fait du bien de bitcher ainsi!

Aigrie grâce à ma vie personnelle

  • Je vois mon chum 2 jours par semaine, samedi et dimanche. Hier soir, sans que je ne comprenne ce qui s'est passé, on a arrêté de se parler. Comme ça. Et ça perdure ce matin. C'est vraiment plaisant de ne pas comprendre ce qui se passe. Mais je ne fais pas les premiers pas. Des enfantillages comme ça, franchement. Mais il se dit sûrement la même chose, donc on recule plus qu'on avance.
  • Je n'ai rien à faire de mes soirées et je veux m'inscrire à un certificat par correspondance, mais je remets tout au lendemain. Est-ce déjà la déprime automnale?
  • Mes amies sont toutes devenues propriétaires en moins d'un mois, je me retrouve dans mon appart, à Verdun, loin de tout le monde, réalisant que je ne pourrai sûrement jamais plus devenir propriétaire avec la hausse des coûts des maisons et j'attends de passer chez le notaire pour perdre officiellement ma maison et reculer d'un bond de géant. Si c'est pour mieux sauter qu'on recule, j'annonce officiellement que je vais passer tout droit quand je vais me décider à sauter. Trop d'élan...

Et vieille...
  • Chaque deux ou trois jours, je trouve un putain de cheveux gris ou blanc dans mon abondante chevelure. Panique.
  • Mon tunnel carpien s'est allongé, inspiré par le métro de Montréal?, jusqu'au coude. Je souffre chaque nuit, mais j'ai si peur d'une opération que je mets du deep cold et j'espère que ça va finir par passer. Avec un chum sans permis de conduire, la dernière chose qu'on veut quand on habite loin de tous, c'est de se voir priver de conduire sa voiture.
  • Me sens moche, pas d'énergie. Devrais m'inscrire au gym, mais j'haïs ça. Pis mon linge est serré. Trop serré. Misère.
  • Tic tac tic tac. Vais avoir 30 ans cette année et j'entends la saleté d'horloge biologique qui me rappelle que si, un jour, je veux des enfants, faudrait placer mes cartes tout de suite avec, genre, un chum qui sait ce qu'il va faire dans la vie, une maison, des REER. Les trucs d'adultes, quoi. Et j'ai la chienne de ne pas y arriver. De rester la matante de service qui aurait peut-être dû fermer sa gueule avec sa grande idée d'un meilleur bonheur et rester dans sa vieille maison avec son ex-pas-si-mal-que-ça, finalement. La solution facile c'est tentant quand on déprime et qu'on perd de vue ce qui nous a amené là où on est rendu.

Je suis fatiguée ce matin. Fatiguée d'être chialeuse, d'être sur le frein et de me questionner quant à savoir où va ma vie tout en sachant que, si je relativise, ce n'est somme toute pas si mal comparativement à d'autres. Ça pourrait être vraiment pire, je pourrais être en train de harceler des gens qui ne veulent rien savoir avec mes photos de mariage...

mardi 15 septembre 2009

C'est mon ami

Enfin un nouveau blogue de prof à squatter. Et c'est même mieux qu'un nouveau blogue d'enseignant. C'est mon ami. Allez voir ça chez monsieur Bergeron. On risque de se dilater la rate si mes souvenirs d'université lui sont toujours aussi fidèles.

(Par contre, on espère qu'il ne sera pas toujours en train de parler de hockey...)

jeudi 3 septembre 2009

Elle a quelque chose en plus. C'est peut-être...

son nouveau fond de teint qui ne veut pas s'enlever!

Faisant une courte virée à la pharmacie pour acheter des babioles de salle de bain, je me suis laissée appâter par l'allée des cosmétiques. Poussée par un relent de féminité, je me suis attardée dans la section des fonds de teint, me disant qu'avec l'arrivée de l'automne et la fin des vacances, j'en aurais besoin pour avoir l'air d'avoir un teint lisse et frais. Comme une dinde, je me suis rappelée la pub et j'ai acheté le fond de teint Dream liquid mousse qui garantit un teint parfait. Ce qu'ils ne disent pas dans la pub c'est qu'une fois sur votre visage, il n'en débarque plus. Cette supposée merveille résiste à l'eau et au savon (mon démaquillant préféré) et même à mon nettoyeur moussant. Vraiment TROP résistant.

Voilà ce qu'il en coûte pour être coquette en ce bas monde. Plus jamais je ne me fierai à la publicité. Non madame! Les cosméticiennes trop mignonnes qui vous foutent des complexes lorsque vous regardez leurs pores non-dilatées seront désormais mes fidèles alliées lors de mes choix de produits de maquillage. Paraît qu'elles sont pas pires aussi pour dénicher la bonne teinte pour nos visages. Parce que j'ai, en ce moment, un masque de fond de teint beige pâle qui ne me va pas du tout. Misère.

dimanche 23 août 2009

Gros favoritisme sale

Depuis 4 jours, nous avons doublé la taille de notre élevage de chats. Nous avions Tartine, chatonne étrangement bariolée de 8 huit mois, la huitième merveille du monde selon Hot Man.

Mercredi, je suis allée chercher une autre chatte et pas n'importe quelle minoune. Non. J'ai un 6e sens qui me prévient des catastrophe qui m'a empêchée de prendre n'importe quel félin avec un air mignon. Évidemment! Je suis allée chercher ce chat-là. (Oui, oui, elle avait survécu à l'accident et à mon choc post-traumatique une fois arrivée à la maison...) Pour faire bref, l'ami à qui je l'avais apportée l'an dernier a dû s'en départir et j'ai dit «oui, je le veux» une fois de plus (une fois de trop selon Hot Man).

Le trajet s'est bien passé. N'a miaulé que 4 ou 5 fois entre St-Jean sur Richelieu et Verdun. Une nette amélioration. À l'arrivée de Lotcha (savoureux gag sur le fait qu'elle est seulement l'autre chat dans le coeur de Hot Man), elle était un peu timide et crachait sur nous à chaque tentative de rapprochement. 3 jours plus tard, je réussissais à la caresser et à la prendre quelques secondes dans mes bras. Tartine, quant à elle, semble avoir envie qu'elle cesse de se prostrer et qu'elle joue ENFIN avec elle. C'est toutefois aujourd'hui qu'Hot Man a décidé qu'elle avait une mauvaise influence sur sa précieuse Tartine et qu'il a commencé à perfidement la dénigrer:

Lui: Elle marche drôlement, tu ne trouves pas?
Moi: Pas vraiment remarqué. Elle est sous le sofa depuis quelques heures déjà.
Lui: Attends, je vais la faire sortir (en s'aidant du tout à fait rassurant manche à balai rouge).
Moi: Mais arrête, tu lui fais peur! (tout en m'avouant que c'est, ma foi, vrai qu'elle trotte bizarrement.)


***
Lui: As-tu vu comment elle boit?
Moi: J'imagine qu'elle doit lécher l'eau...
Lui: Ah!Ah! Tu te trompes! Elle met ses deux pattes dans l'eau et boit l'eau sur ses pattes en en foutant partout autour.
Moi: Elle va regarder Tartine faire et va apprendre. Peut-être que Hugo a essayé de l'empoisonner une fois et qu'elle se méfie.
Lui: À cause d'elle, Tartine va prendre de mauvaises habitudes. Je te le dis, moi.
***
Moi: Regarde comme elle est mignonne avec ses poils partout, sa longue queue fournie et ses pattes douces.
Lui: Je l'ai trouvé dans la litière, couchée, tout à l'heure.
Moi: Je sais bien, elle essaie de se trouver un endroit bien à elle. Elles est stressée, cesse de t'en occuper.
Lui: Je te le dis, si elle continue à être comme ça on la rend.


***
Lui (avec un jeu pour les chats en main): Viens Tartine, allez Tartinou, allez ma puce! C'est bien, tu joues avec le jeu!
Moi: Viens Lotcha, viens manger une croquette sèche!
Lui (s'approchant avec Tartine qui fonce sur Lotcha, toute à son jeu): Tu vois, Tartine aime jouer, elle. Regarde comment Lotcha va se viander! Elle est tellement malhabile. L'autre matin, je l'ai fait bondir sur le lit, comme je fais avec Tartine, et elle est tombée sur le dos. Tsé.
Moi (sur un ton exaspéré. Et oui, j'ai vraiment dit ça): Tu fais vraiment une obsession avec Tartine! Elle va devenir un chat gâté. Lotcha a des besoins particuliers, il faut l'encourager, garder le contact et assurer la confiance. C'est toi l'adulte.
(C'est ici que je me dis que je vais rougir en révélant cela sur le Net.)
Moi (désemparée): Qu'est-ce tu ferais si tu avais un enfant handicapé avec moi? Tu le jetterais aux poubelles?
Lui (d'un air qui fait mine de bien réfléchir à la sérieuse question de notre possible progéniture future): Ça dépend quel jour on est.
Moi: ?!?
Lui: Ben oui, si c'est le jour des vidanges ou pas. Sinon, j'attendrais le mardi suivant.
***
Ben oui, je la prends à coeur cette petite minoune déracinée qui a des maîtres de substitution qui ont le mauvais goût de l'appeler Lotcha (JE l'appelle Lolo désormais. Promis.). Elle va tout de travers, mais elle est mignonne et elle a besoin de quelqu'un qui l'aime. La beauté avec les animaux et les enfants, c'est qu'ils n'ont besoin que de ça, finalement. Un peu de patience, un minimum de sécurité et beaucoup d'amour.
Bon. Trève de mièvreries. Quelqu'un pourrait m'aider à lever le sofa pour y dénicher Lolo afin que je puisse la convaincre qu'elle est la bienvenue?

vendredi 7 août 2009

Pauvre conne naïve, non mais!

À lire ce que j'écris ici, on se doute bien que ce n'est pas l'orgueuil qui m'étouffe, mais il y avait des limites à passer pour une pauvre conne naïve. Remarquez que je n'ai rien contre le fait de passer pour une nounoune si cela doit me sauver d'une contravention, d'une réprimande patronale ou encore des griffes d'un parent hystérique. Mais que l'agent immobilier censé vendre notre terrain, qui nous représente et à qui nous devons faire confiance essaie de nous flouer ainsi, croyant qu'on gobera tout comme deux poires, ça ne passe pas!

Afin de vous aider à ne jamais vous faire avoir par un agent d'immeubles, voici les signes avant-coureurs qu'il essaie de vous arnaquer solidement:

1-Il vous fait signer un contrat d'un an avec une commission de 7%.
2- Il ne donne jamais signe de vie, c'est vous qui devez l'appeler pour avoir des nouvelles.
3- Après 7 mois sous contrat, il appelle seulement votre Ex pour lui dire qu'il a eu une offre de 30 000$, mais sans avoir fait signer de promesse d'achat.
4- Quand vous lui dites que ce n'est pas assez, il vous demande:«Oui, mais vous ne vouliez pas baisser votre prix encore?» comme s'il ne réalisait pas que ce n'était ni à votre avantage ni au sien...
5- Quand il propose une rencontre avec le client qui offre 30 000$, que celui-ci ne se présente pas, étrangement, et c'est votre agent qui vous offre d'acheter votre terrain pour 2 000$ de plus que l'offre imaginaire.
6- Quand vous faites appeler une de vos copines à l'agence immobilière pour se faire passer pour une cliente intéressée souhaitant des renseignements et qu'il lui répond que c'est déjà vendu!
7- Quand vous lui énoncez ces faits et qu'il clame haut et fort son innocence comme dans une mauvaise pièce de théâtre d'été, allant même jusqu'à dire que vous voyez du mal là où il n'y en a pas et refusant de briser le contrat.
8- Quand vous vous apercevez qu'il a fait ajouter une clause au contrat disant qu'il ne peut être résilié ou modifié...
9- Quand vous dites et répétez calmement qu'il ne peut y avoir de relations d'affaires entre deux parties si la confiance n'est plus et qu'il nie tous vos arguments en plus de refuser d'admettre qu'il est en conflit d'intérêts...
10- Qu'il tente de vous flouer même quand vous lui dites avoir eu vent de la dame qui est passée pour s'informer et à qui on a répondu que le terrain était vendu...

Bref, vous voyez le topo? Finalement, refusant depuis 30 minutes de comprendre que la seule chose qui ferait notre bonheur serait qu'il rompe le contrat et, tentant par moult séductions de nous faire changer d'idée, il a finalement compris que j'étais sérieuse lorsque j'ai mentionné les mots magiques «Association des courtiers et agents immobiliers du Québec» et leur programme d'arbitrage. Aussitôt ces doux mots prononcés, il a rendu les armes et a sorti le document de résiliation du contrat.

Voulant prouver sa bonne foi, qu'est-ce qu'il n'avait pas compris le pauvre?, il nous a même offert de remplir les papiers si on se trouvait un acheteur et est parti, mine basse, enlever la pancarte Remax/Platine qui trônait depuis 7 mois sur le terrain. Ex-Amoureux se sentait mal pour lui et il lui aurait presque laissé un mois de plus si je n'avais été aussi inflexible. Une quizaine de minutes après le départ de l'agent machiavélique, le malaise d'Ex-Amoureux disparut lorsque ma copine, celle qui s'était fait passée pour une acheteuse potentielle, nous a appelés pour nous dire que notre super courtier venait de lui téléphoner! Il voulait lui dire que le terrain n'était finalement pas vendu, mais qu'il y avait beaucoup trop de frais à débourser avant de bâtir, MAIS, que si elle cherchait une propriété, il se ferait un plaisir de lui montrer ses propriétés. Un beau spécimen de crosseur, non?

On peut donc en déduire que les courtiers immobiliers méritent leur réputation, comme les vendeurs de voitures. Soyez prudents, le mien rôde, assoiffé, à la recherche de sa prochaine victime dans la région du 450.

lundi 3 août 2009

La cigale et... les perce-oreilles (basée sur une histoire vraie)

La cigale ayant chialé tout l'été,
Se retrouva fort dépourvue, lorsque août fut venu.
Pas un seul petit paiement de l'assurance-emploi, ,
Alors qu'elle n'attendait que cela.

Fidèle à elle-même,
Elle ne faisait rien de ce qui était dû le jour même.
La cigale, contre le mauvais temps, pestait,
Se disant quand même que tout l'été il y avait.

Un dimanche matin, où sur Dr house elle veillait,
Le téléphone lui annonça,
Straight pipe, sans flafla,
Que ses parents dans une heure ou deux passeraient.

Ce fut sans doute, ce qui la réveilla.
L'opération ménage elle commença,
Car de toute façon, la pluie jamais ne cesserait
Et il fallait que ce soit fait!

Ce sursaut d'adrénaline,
Eut sur elle l'effet de l'épinéphrine.
(Elle regarde trop Dr House, j'imagine.)
La cigale se dit que désormais elle serait fine
Et que, plus jamais, elle ne reporterait
Ce qui devait être fait
Aux prochaines et lointaines matines.

Cette fois-ci, elle en était sûre,
Sa résolution serait, comme du béton, dure.
Elle allait devenir adulte et le prouver
À ses parents et ses créanciers.

Après avoir payé toutes ses factures,
Bu les dernières bouteilles de vin,
Elle constata qu'elle était en bien mauvaise posture,
Mais cela ne l'arrêta point.

Elle alla donc crier famine
Chez Visa, tout comme ses voisines.
On l'y accueillie chaleureusement,
Elle dépensait tellement!

Une fois la chose faite et oubliée,
Elle alla prendre une marche dans le quartier.
Pénétra dans une librairie climatisée
Et acheta le dernier tome de Jean-Jacques Pelletier.

Émue par son achat,
Elle n'allait certes pas en rester là!
Sous prétexte de sa marche continuer,
La pharmacie plus loin était toute désignée...

Ayant déjà oublié les comptes,
La cigale s'émerveilla devant les lotions auto-bronzantes.
Puisque l'été ne suffisait plus pour être bronzée,
Elle pouvait peut-être tricher!

Mue par un sursaut de lucidité,
La cigale décida de quitter
Avant que ce ne soit les huissiers
Qui seraient mandatés pour lui rappeler sa capacité de payer.

De retour dans son appartement,
Elle aperçoit son chat charmant,
Qui joue avec ce qu'elle suppose être un courant d'air.
C'est à ce moment qu'elle s'approche et voit le perce-oreilles sanguinaire!

Estomaquée et dégoûtée,
Elle accourt sur Internet pour trouver
Que faire avec cette bestiole qu'elle n'a pas invitée
À venir chez elle squatter.

Elle y apprend que ces insectes peu scrupuleux,
Vivent dans les milieux plus humides que peu.
On lui montre aussi,
Comment sournoisement piéger l'ennemi.

Elle sait bien qu'elle devrait, son piège, bâtir,
Mais remettre à demain ne va pas lui nuire.
Car voyez-vous la cigale,
N'a que la procrastination comme égale.
Et ses belles résolutions s'envolent comme au vent des pétales.



********


Trêve de fabulations,
J'ai la semaine prochaine, au syndicat, une réunion,
Pour laquelle je devrai me lever
Avant que 8h00 soit sonné.
Comment y parviendrais-je,
Moi qui ne suis jamais couchée
Avant que ne tombe la neige
Sur les chaînes de télé?

Puisque mon avenir risque de s'y jouer,
M'enfin, pour la prochaine année,
Je devrai les fesses me botter
Et plusieurs cadrans installer!

mercredi 29 juillet 2009

SPLENDEURS ET MISÈRES D'UNE VERDUNOISE

Déjà deux mois à Verdun et je m'y plais plus que prévu. Bon c'est sûr que tout n'est pas rose, mais serais-je heureuse sans motif de me plaindre? Humm. Mon couple multiculturel tient le coup malgré les différences, les ressemblances, mes éclats de colère, mes angoisses, les déceptions de mon amoureux qui constate que la vie n'est pas plus douce après sept ans d'exil au Québec et malgré l'été qui tardait à arriver et qui, soudainement, me fait périr de chaleur!


Mon environnement immédiat est tellement propre que le jour des poubelles ressemble à Noël tant c'est «décoré» partout. Les voisins sont si charmants qu'ils nous saluent toujours en rotant ou en crachant de l'autre côté du treillis qui borde notre terrasse. Hot Man et moi nous pratiquons donc à cracher et à éructer pour leur rendre la pareille, mais il faut sans doute des années de pratique pour arriver à une telle spontanéité.


Depuis mon installation, j'ai appris que les gens ici ont une conception de la mode très particulière. Aller au dépanneur en pyjama est banal, c'est presque un concours tacite quant à savoir qui aura le plus d'audace dans son choix de vêtements de nuit usés et/ou dépareillés. Je me demande pourquoi je continue de prendre la peine de «matcher» mes sandales et mes vêtements lorsque j'ai à sortir alors que je devrais me fondre dans la masse et assumer mon nouveau statut de Verdunoise. D'un autre côté, on ne se sent jamais ordinaire ou moche. Je revendique avec fierté le fait de porter un soutien-gorge pour sortir, ce qui me différencie de bien des femmes du quartier! On a de la classe ou on n'en a pas, tsé!

Il y a quelques trucs étranges dans le coin que je n'arrive toujours pas à expliquer:

- Pourquoi, tard le soir, un sac en plastique gris est accroché à la clôture bordant ma plate-bande pour disparaître le matin venu? M'étonnerait qu'un malotrus laisse ainsi les excréments de son chien là et qu'un bon samaritain les ramasse pour les jetter.

- Pourquoi les voisins d'en face arrachent-ils la brique sur leur immeuble sans couvrir le mur de bâches protectrices contre la pluie? Leurs échafaudages feraient peur à un alpiniste doué ce qui démontre leurs capacités à s'occuper de restaurer une façade de façon sécuritaire.

- Pourquoi la vieille dame d'à côté force-t-elle son pauvre chien miteux à prendre une marche tous les matins alors que le son de ses griffes sur le trottoir nous indique clairement qu'il n'en a aucune envie? Peut-être qu'il l'aide à se sentir en sécurité, mais je ne ferais pas confiance à un chien qui couve sa vengeance d'être tiré de la maison de force chaque matin.

- Pourquoi y a-t-il tant de dépanneurs sur ma rue? Sûrement parce qu'il y a beaucoup d'acheteurs de bières et cigarettes. Tout de même pratique lorsqu'on manque de lait, de jus d'orange ou de cigarettes.

- Pourquoi retrouve-t-on autant de chats, raton-laveurs et mouffettes dans mon quartier? Un chat gris a élu domicile sous mon hamac et la bête puante a donné à Hot Man une occasion de me montrer ses savoureuses connaissances sur la dangeureuse faune du Canada... Rien de plus crédible qu'un Marocain qui n'a vu de la nature de son pays d'accueil que les terrains de golf jouxtant les environs.

Dit comme ça, ça dresse un portait plutôt nul de la chose. Cependant, nous sommes à 10 minutes du centre-ville et des festivals, le marché Atwater est tout près, j'ai toujours du stationnement pour ma bagnole, la piste cyclable (que j'utilise tous les jours *toux gênée démentant l'affirmation*) passe devant l'appartement. J'aime la ville. Finalement. Même s'il m'arrive tout de même de regretter la fin de mon beau rêve de maison centenaire à la campagne...

mercredi 17 juin 2009

toujours vivante (quoique un tantinet amochée par la fin d'année)

Je n'ai pas écrit ici depuis des lustres, mais j'avais d'excellentes raisons de négliger autant mon blogue. Ce n'est pas qu'il ne m'est rien arrivé, mais planifier trois déménagements (mon appart en colocation, ma maison et l'appart de Hot man pendant que ce dernier profitait du chaud soleil du Maroc), corriger les centaines d'examens du ministère, remplir des tas de paperasses liées aux bilan de fin de cycle, participer aux portes ouvertes à l'école, être assaillie de soupers de fin d'année au CE et au syndicat, défaire les boîtes, aider mon amie Josée à la pépinière en plus de faire une sortie à la Ronde et un voyage de deux jours à Ottawa avec mes mousses m'a littéralement mise K.O.



Les deux premières semaines après notre emménagement à Vardun, je dirais que mon couple a été mis à rude épreuve. Ma gestion du stress qu'on pourrait qualifier de quasi-nulle et la tolérance de mon amoureux envers mes doux ronronnements nocturnes sont peut-être à blâmer...



Je suis allée chercher mon amoureux le 28 mai à l'aéroport. Le 29, le 30 et le 31 nous avons profité de nos retrouvailles pour faire ce que tout couple aurait fait dans notre situation: des boîtes, évidemment! Tout à ma planification de nos déménagements respectifs, il m'avait paru raisonnable de réserver ses déménageurs pour le 1er juin. Hot man a donc déménagé 4 jours après son retour dans ce qu'il qualifiait depuis le début «d'appart pourri». Il était découragé de la poussière et ne cessait de répéter que c'était pourri, sale et qu'on n'allait pas rester là longtemps de toute façon. Heureusement que mes parents, mon frère et mes copines sont venus m'aider à rendre l'endroit plus vivable avant mon/mes déménagements!



J'avais peur, en déménageant en appartement encore que ce blogue ne mérite plus de s'appeler La foire aux rénovations, mais je peux remercier monsieur R., car rénovations il y eut! Quand j'ai visité ce logement pour la première fois, il m'avait paru parfait. Pour ma défense, je venais quand même d'en visiter une vingtaine tous, plus décourageants les uns que les autres. J'avais mentionné mon enthousiasme au proprio en m'extasiant sur le bleu choisi pour un mur du bureau. Mon emballement n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd puisque m. R. a décidé de peindre d'autres murs de cette belle nuance de bleu (1 mur dans CHAQUE PIÈCE pour être précise). Lors de ma visite de l'appart pourri, je m'étais questionnée quant à savoir si nos laveuses/sécheuses frontales entraient dans le garde-robe qui leur était assigné. Mon proprio m'obstinait que ça entrait et mon point était que ça entrait peut-être, mais que ça ne servirait à rien puisque les portes des 2 appareils n'ouvriraient pas. Mineur comme problème, mais essayez d'avoir l'air crédible lorsqu'on vous donne toujours un gros 22-23 ans et que vous êtes une fille, handicap profond pour tout ce qui touche aux rénovations. Plutôt que de se chicaner, monsieur R. m,a promis que si ça n'entrait pas, il allait m'ouvrir le mur et rénover pour nous accomoder.

Évidemment, il a dû ouvrir le mur et nous avons passé une semaine dans la poussière de plâtre. Que de doux souvenirs! Hot man n'en revenait pas de combien c'était crade et j'en ai entendu parler pendant des jours. Le jour de mon déménagement, Hot man a rencontré ex-Amoureux et sa blonde à la maison et ce fut bien sympathique. C'était presque parfait comme journée; il ne faisait pas trop chaud et il ne pleuvait pas. Seul petit hic, c'était la journée du tour de l'île à vélo. Un léger détail auquel, en bonne banlieusarde/campagnarde, je n'avais jamais songé. 1 heure de trafic pour arriver à destination. J'en aurais pleuré. C'est d'ailleurs la seule fois de ma vie où j'ai été impolie avec des policiers...

Cela fait maintenant presque un mois qu'on est installé. Les boîtes à fleurs et les pots de terre cuite envahissent la terrasse, les fantastiques meubles IKEA de mon chum sont tous assemblés *insérez ici un cri primal libérateur*, l'appart est propre, on a fait une plate-bande, on a visité le quartier, je me suis fait demander combien d'enfants j'attendais par une vieille dame souriante qui a continué de sourire lorsque je lui ai dit que je n'étais pas enceinte (c'est sûr qu'à Verdun, la mode des tailles Empire n'existe pas), j'ai vu des ados maltraiter un chat, un homme saoul foncer dans un abribus ROUGE en vélo, des madames avec des grosses bedaines molles et des tops moulants sous les seins, des chats errants et/ou en chaleur, des chiens de toutes les races possibles, des madames avec des tops moulants sous les seins (je n'en reviens toujours pas) et tant d'autres choses encore.

Malgré tous ces chocs socio-culturels, je me sens bien et j'aime le quartier. J'ai découvert que je devais apprendre à tenir une perceuse parce que mon ex et mon frère ne peuvent pas accourir dès que j'ai une tablette à poser et que Hot man était super bon pour laver la vaisselle et faire des machines à laver. Mon prochain défi est donc de devenir une bricoleuse accomplie. J'ai regardé Etienne faire pendant 8 ans, je devrais être capable de me débrouiller seule. Vous saurez donc que je me suis estropiée à la tâche s'il me faut encore plus d'un mois avant d'écrire un autre billet!

Note à moi-même: Bricoler, bricoler... Ça part mal quand changer la «bit» sur la perceuse demande un cours d'appoint de papa et que mon poignet décide que c'est trop dur pour lui.

Frérot? Ex-Amoureux? Vous faites quoi jeudi soir? J'aurais des tablettes à installer...